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Née quelque part




Interview d'Aurélie Mangala




Aurélie Mangala Jourdain est née en 1980 à Amravati dans le Ma-rashtra en Inde. Elle atterrit à Epernay, 6 ans plus tard, dans sa fa-mille adoptive de trois enfants. A 18 ans, elle repart en Inde sac au dos sur les traces de sa famille biologique. Elle en rapporte les graines de sa destinée : devenir thérapeute en Ayurvédique. Au-jourd’hui, à 38 ans, elle se lance à son compte en Champagne-Ar-denne. Un parcours saisissant.

Lorsqu’on lui demande ce qui la motive à s’installer, Aurélie Mangala Jour-dain répond : « Si j’avais pu, je me serai lancée plus tôt ». « Je vois bien que les personnes que je soigne sont demandeuses et que mon action sur eux est bénéfique. Les gens viennent à moi sans que j’ai à faire de la publicité ». A peine installée depuis un mois, en recherche d'un cabinet, Mangala croule sous les rendez-vous. « Mon travail consiste à écouter les patients, à faire un diagnostic de leur état général, puis un bilan ayurvédique, c’est à dire énergétique. A partir des déséquilibres observés et dans tous les cas, je les oriente vers un changement de leur alimentation et je pratique des massages spécifiques permettant de libérer les noeuds énergétiques blo-qués. Mon travail est puissant. J’agis en profondeur et je vais toucher des points qui permettent la circulation de l’énergie. Le corps se répare de lui-même dès que ces zones sont libérées. C’est une approche globale"


L’Ayurvédique, c’est quoi?


« L’Ayurvédique est une philosophie de vie, un art de vivre plus qu’un acte isolé et ponctuel. L’alimentation occupe une grande place dans le prise en compte des effets sur le corps. Lorsque je suis partie pour la première fois en Inde, à 18 ans, c’était comme un appel qui venait de loin. Une sorte de désir profond lié à mes origines. Bien sûr, retourner sur les traces de l’or-phelinat où j’ai passé mes premières années, retrouver ma mère, com-prendre qui j’étais vraiment. Comprendre aussi définitivement que j’étais française, du fait de ma famille adoptive et de ma vie sparnacienne, mais que fondamentalement j’étais indienne. Très rapidement sur place, j’ai rencontré un maître en Ayurvédique qui m’a enseigné les rudiments de cette médecine millénaire et progressivement (et encore aujourd’hui) et je me suis formée. J’ai rejoins le centre Ayurvédique français. Je suis encore aujourd’hui régulièrement une formation avec mon maitre indien via

Skype. L'Ayurveda, médecine traditionnelle indienne, prend en considé-ration le corps dans son ensemble pour ressourcer son âme et retrouver l'équilibre, tant sur le plan émotionnel que physique. L'Ayurveda, "science de la vie" en sanskrit, est née il y a plus de 5000 ans. Elle est reconnue depuis 1982 par l'Organisation mondiale de la santé comme médecine tra-ditionnelle. Elle prend en compte notre nature profonde, les maux du corps et de l'esprit, pour pouvoir ensuite proposer un remède capable de rétablir notre équilibre physique et psychique. A la question « qu’est ce qui vous a poussé à franchir le pas? » Mangala répond : « Il m’a fallu tout ce temps pour comprendre qui j’étais vraiment et quelle était ma mission de vie. Je ne pouvais plus rester dans un système de travail où ma présence, mon « être différent » créait des jalousies, de l’incompréhension et même parfois me mettait en danger face à l’injustice ambiante. Je l’ai fait aussi pour me protéger. Ma seule vraie aspiration est ma passion pour cette médecine proche de mes racines. » ajoute-telle. Elle qui, dès l’âge de 6 ans, débarquée du rude et douloureux toboggan de la vie, savait déjà faire la cuisine,repasser et repriser… sourit à la vie en répandant la bonne hu-meur et la joie autour d’elle.



A la conquête de l’âme


J’ai rencontré Mangala par le plus pur des hasards même si elle répète « qu’il n’y a pas de hasard dans la vie ! ». J’ai été très touchée lorsque je l’ai rencontrée car c’était très naturel. C’était comme si je l’attendais depuis longtemps. Sur le chemin. Quelques trois années auparavant, peu après l’accident que j’ai vécu qui a couté la vie à notre cher Abel, notre adoles-cent de 16 ans, j’avais fait la rencontre de deux personnes qui m’ont parlé pour la première fois « différemment ». Un voyage en Inde en 2008 m’avait éveillé à la philosophie des hindous, des boudhistes… Mais je n’avais jusque là jamais vécu l’expérience par moi-même. Je n’avais jusque là jamais envisagé cette posture. Moi la scientifique littéraire. Mes croyances avaient volé en éclat lors de ma rencontre avec la (très connue) médium, Patricia André. Je l’ai rencontré pour confirmer le test que faisait deux amies parisiennes après l’avoir elles-même rencontrée. Elles vou-laient vérifier (par un troisième rendez-vous) la crédibilité de ses propos. Validés. Elle m’a reçu dans son cabinet au 7ème étage d’un HLM en ban-lieue parisienne. Sans aucune autre information que sa photo, elle m’a raconté la vie d’Abel jusqu’à son accident et son départ de Gaïa. Estoma-quée par ce récit tellement juste, tellement vrai et aussi quelque peu ef-frayée, je lui ai demandé comment elle pouvait savoir tout cela? Il me fal-lait connaitre ses clés, son tour de magie, son secret… Je devais me rac-crocher à quelque chose de palpable, de concret ! « Votre fils est une âme élevée m’a t’elle lâché, sans émotion., froide et directe. « Dès votre arrivée dans cette pièce, il est venu à mes côtés ».

Ma seconde expérience est également fortuite. Un mot nouveau : « astro-védique » arrive à mes oreilles… déclenchant par ma curiosité assistée par Internet, une adresse, un contact, un échange de mail et un rendez-vous. Avec Jean Lin, un maître (français, parisien) formé depuis son plus jeune âge à l’Astrologie Ayurvédique… Dès le premier contact, il décrit mon caractère, devine mon métier et mes qualités… Bref, une rencontre avec un inconnu qui me dit qui je suis ! Avouez que c’est un peu déstabilisant ! Puis, entame mon thème astral et rapidement notre conversation dérive vers le thème de mon fils. En sachant le minimum à son sujet, il me fait le récit de sa vie, jusqu’à la survenue de son départ durant l’été 2014… son arrivée sur terre comme son départ étaient donc programmés ?! Bou-leversée, déboussolée durant de nombreux mois j’ai enfouis tout cela sans en parler à personne. Sans n’avoir personne à qui me confier…

Et puis Mangala est arrivée! Fraîche, vivante, calme et tellement rassu-rante. Je l’attendais. Sur le chemin. Désormais une vie nouvelle va commencer.


En quête de sens


Notre rencontre avec Mangala fait sens. C’est justement par les sens que notre langage s’exerce le mieux. Parler de l’impalpable, du subtil et de l’abstrait n’est pas donné à tout le monde. Mon expérience maghrébine de 20 années, ma nature alerte héritée génétiquement et entrainée, sollicitée depuis mon plus jeune âge par les odeurs des épices, de la flore exotique et luxuriante, de la vie algérienne, ma formation d’oenologue, mon métier de journaliste et de dégustatrice aguerrie m’ont armée d’un langage « entre les mots », une sorte de 7ème sens, associant un don de l’observation et un ressenti profond. Une sorte de supra intuition. « Dans le monde occi-dental, les gens sont coupés de leurs sensations, de leur ressentis… et ce depuis leur plus jeune âge » témoigne Aurélie Mangala Jourdain. Dès l’école, on empêche l’enfant de faire ses propres expériences, on ne le

laisse pas libre, on le cadre, on l’encadre, on le recadre. On le (dé)forme, on le mate, on l’humilie au lieu de l’encourager dans ses propres expé-riences, doutes et peurs vers le chemin de la confiance en soi, la vraie base de l’épanouissement personnel » ajoute Aurélie Mangala Jourdain… « J’en ai fait la triste expérience auprès de petits enfants dans une crèche où j’ai un jour reçu un blâme pour m’être interposée entre une collègue et un petit enfant de 3 ans qui « s’était fait dessus » qu’elle corrigeait en lui ba-digeonnant le visage de son « innocente » production ! Malheureusement, la société occidentale et la majorité des décideurs font des erreurs monu-mentales générant souvent d’irréversibles dégâts qui nourrissent les cabi-nets de psychologues, de psychiatres, de psychanalystes, quand ce n’est pas l’industrie pharmaceutique et son cortège d’antidépresseurs, d’anxio-lytiques et autres drogues légitimes, bénéfiques et pourtant tellement mal-faisantes » conclut Aurélie Mangala Jourdain. En sanscrit Mangala signi-fie : « Que la paix soit avec vous ». Tout est dit.